Comme les Douches dans les Motels

Voici un album plutôt particulier pour moi, qui s’avère être une première tant au niveau du spectacle de danse contemporaine que de la photographie de spectacle.

Le contexte ? C’était lors d’une première représentation de danse contemporaine, au Dôme de Mutzig.
Les 8 et 9 janvier 2016. Autant dire que j’avais – tellement – hâte de publier ces photos… 🙂
Le titre ? Comme les douches dans les motels. Cela intrigue.
La musique vous transporte, autant que les danseurs, le sublime jeu des lumières…

Voyez par vous-même.

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Je ne résiste pas à partager avec vous mon ressenti, envoyé à Ezio Schiavulli, créateur et chorégraphe italien de la représentation, il y a quelques temps.

« C’était la première fois que j’assistais à une représentation de danse contemporaine.
J’étais curieuse de savoir comment on pouvait raconter une histoire/une pensée/une réflexion avec de la danse ou du moins, si le public – surtout moi-même – en arriverait à cerner le propos. 

Ce que j’ai ressenti, pensé et compris de la représentation, c’est une véritable critique de l’ère contemporaine :
la place des médias, l’absence de contact véritable entre les hommes, la relation conflictuelle entre les hommes, la prédominance des contacts indirects (sms, internet ou appels téléphoniques) et la complète ignorance de l’Autrui.

Les danseurs se rencontrent de temps à autre, sans se voir. Ils sont presque tout le temps en décalage ; sauf à certains moments, où le temps d’une seconde, ils sont en symbiose.

Ils se cherchent, se trouvent, se perdent de vue… tentent d’attirer l’attention de l’autre.
Sans succès.
L’idée du renfermement dans une chambre d’hôtel, devant les médias qui nous balancent des images et des phrases à vous en laver le cerveau – attisant au passage le désarroi de l’humain – m’a terriblement fait penser à la société d’aujourd’hui qui est connectée aux autres sans l’être réellement et qui ne pense plus par elle-même, suivant aveuglément les propos des médias.

C’est alors que les deux danseurs lancent presque un appel à l’aide pour communiquer avec l’autre.
L’un va vers l’autre, l’autre l’évite.
Et inversement. 
Lorsqu’enfin ils arrivent à se rencontrer, à communiquer ensemble, c’est la colère, la frustration ou la maladresse qui les emmènent à finalement se battre plutôt qu’à dialoguer. 
A cet instant, c’est l’image même de ce monde d’aujourd’hui qui m’a traversé.
C’était boulversant de vérité…

Malgré ce contact, les danseurs reprennent leur chemin, oublient la rencontre de l’autre, retournent à leur confinement et se fondent à nouveau dans la masse. Comme si l’autre n’avait jamais existé. »

Cette tension, la beauté des gestes, l’incrustation d’éléments virtuels, je vous laisse les découvrir ci-dessous. Enjoy !

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Chorégraphie : Ezio SCHIAVULLI
Danseurs : Aaron Smedling et Adrien OUAKI
Création de la vidéo : Alessandro VANGI and Leandro SUMMO 
Création jeu de lumière: Fabio FORNELLI and Andrea MUNDO
Bande son : Antonello ARCIULI, Emanuele LAPERCHIA, Sergio MOLEAS
Costume : Donatella SCARATI

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